Kamel Brahmi est secrétaire général de l’Union Départementale de Seine-Saint-Denis de la CGT. Il revient dans cet entretien sur les défis singuliers posés au syndicalisme dans le cadre d’une Union départementale (UD) et dans un territoire comme le 93, marqué à la fois par la désindustrialisation et la persistance des luttes de classe. Il analyse également la mobilisation exceptionnelle contre la réforme des retraites imposée par Macron, le renouveau du syndicalisme de lutte qu’elle laisse entrevoir, et le dernier congrès de la CGT.
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La Seine-Saint-Denis est sans doute le département de France qui suscite le plus de caricatures. Concentrant les taux de pauvreté les plus élevés de la Métropole, le « 9-3 » demeure essentiellement convoqué par les médias « mainstream » et certains politiques pour ses supposés « territoires perdus de la République », où « trafic de drogue », « islamisme » ou bien encore « assistanat » nourrissent des fantasmes souvent éculés, parfois teintés d’arrière-pensées néocoloniales. Ces (nouvelles) paniques morales tendent pourtant à invisibiliser à la fois l’histoire et la réalité sociale du département qui, au-delà de ses difficultés, est aussi un espace de mondes du travail, de luttes et de solidarité.
Longtemps terres emblématiques de la « banlieue rouge » de la petite couronne parisienne, la Seine-Saint-Denis continue en effet d’être un territoire de luttes de classes, comme l’ont démontré les blocages et les grèves, notamment devant les dépôts de bus et les déchèteries d’Aubervilliers et de Romainville, lors de la bataille contre la réforme des retraites cet hiver. Derrière ces actions, les militants CGT ne sont jamais très loin : repérables par leurs chasubles rouges floqués de l’acronyme de la plus vieille organisation syndicale de France, ils organisent les rassemblements, tentent d’allonger au maximum la durée du blocage,…
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Auteur: redaction

