La ménopause est-elle une maladie qu’il faut soigner ? Largement abandonnés depuis deux décennies car provoquant des cancers du sein, les traitements hormonaux de la ménopause (THM) sont de nouveau promus, depuis deux ans, au nom de la souffrance des personnes concernées. Cette campagne de réhabilitation repose surtout sur une dramatisation des effets du vieillissement sur le corps des femmes. Son corolaire : un boulevard pour les fabricants de médicaments.
En première ligne de cette défense des THM : la gynécologue Florence Trémollières, directrice du Centre de la ménopause au centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse.
Celle qui est également présidente du Groupe d’étude de la ménopause et du vieillissement hormonal (Gemvi) défend sur les antennes de Radio France et dans les médias nationaux — dont Libération — l’urgence de traiter des femmes dont la « qualité de vie est extrêmement dégradée » avec l’arrêt naturel des œstrogènes au moment de la ménopause. Le président de la République a aussi pris part à cette offensive, en défendant ces médicaments qui permettent de pallier cet arrêt des hormones, dans le magazine Elle en mai 2024.
La Haute autorité de santé missionnée
Emmanuel Macron a réclamé dans la foulée une révision de l’avis de la Haute autorité de santé (HAS) sur les THM, jugé trop daté, et lancé une mission parlementaire sur la ménopause, confiée à la députée Renaissance Stéphanie Rist, aujourd’hui ministre de la Santé, et à Florence Trémollières. Avec la publication du rapport parlementaire en avril qui défend l’amélioration de l’accès à ces traitements, celle qui prêchait dans le désert peut se féliciter d’avoir été entendue.
« J’ai largement contribué à ce travail », annonce à Reporterre Florence Trémollières qui, il y a dix ans, pestait dans une revue de gynécologie : « Tant qu’on n’aura pas au journal…
Auteur: Magali Reinert

