«Eh babouin ! Eh macaque !» Un policier raciste se défoule sur un adolescent de 17 ans, puis ment sur le procès-verbal. Condamné à du sursis, il continuera à exercer.
La police française, bénéficiant d’une impunité généralisée, se croit désormais tout permis, comme le montre cette affaire qui vient d’être jugée à Bobigny. Ousmane a 17 ans. Il y a un an, alors qu’il est tranquillement assis au pied d’un immeuble, il a le malheur de croiser un équipage de police. Un des agents lui hurle immédiatement «Eh babouin ! Eh macaque !» en courant dans sa direction. Dans un déferlement de violence gratuite, Ousmane va alors recevoir de ce même policier un torrent d’insultes ainsi que deux coups de poing au visage, avant d’être menotté. La scène, insoutenable, dure 16 longues minutes.
Lors de la rédaction du procès-verbal consécutif à l’interpellation, le policier écrira pourtant que l’adolescent a essayé de s’enfuir à plusieurs reprises et va même jusqu’à porter plainte pour «violences et rébellion sur personne dépositaire de l’autorité publique». Une inversion sidérante de la réalité, qui aurait pu conduire Ousmane au tribunal, voire en prison. Mais dans un coup de chance, la caméra piéton du policier s’est déclenchée sans qu’il ne s’en aperçoive. Au tribunal, les images dévoilent donc une version très différente des mensonges du fonctionnaire, où le seul tort de l’adolescent était sans doute de ne pas avoir la bonne couleur de peau, ou de ne pas habiter le bon quartier.
Cette tactique de défense régulièrement utilisée dans les affaires de violences policières, consiste à systématiquement porter plainte contre les victimes d’agressions. C’est ce qui permet l’impunité policière en imposant le silence à celles et ceux qui en subissent la violence. Sans autres preuves que leur parole, les victimes se retrouvent confrontées à celle de leur bourreau,…
Auteur: B

