Sur terre, depuis plus de 20 ans, l’association Terre de liens aide les jeunes agriculteurs à s’installer en achetant du foncier agricole, via un financement citoyen. En mer, l’association Pleine mer basée à Plougastel-Daoulas est en train d’inventer un système similaire pour favoriser la transmission des bateaux de pêche et l’a baptisé… Mer de liens.
« Quand je suis arrivé à Plougastel, il y a une dizaine d’années, il y avait deux ou trois bateaux de pêche, se rappelle Charles Braine, président de Pleine mer. Aujourd’hui, il n’y en a plus. En 25 ans en France, un tiers des petits bateaux, ceux qui font moins de 12 mètres, a disparu. »
« Le coût de l’installation est prohibitif »
Depuis plusieurs années, l’idée d’aider à la transmission des bateaux de pêche lui trotte dans la tête. « Le coût de l’installation est prohibitif, décrit Charles Braine. Nous, les pêcheurs, cotisons très peu ; c’est la vente de notre bateau, et les droits et quotas qui y sont attachés, qui constitue notre retraite. »
Diplômé en sciences halieutiques et aquacoles, cet ancien chargé de programme sur la pêche durable au sein de l’association environnementaliste WWF veut axer Mer de liens sur des petits bateaux de moins de 12 mètres, qui pratiquent « une pêche plus vertueuse, qui se valorise mieux au kilo, qui permet plus d’emplois qualitatifs et qui n’est pas trop gourmande en énergie ».
L’idée serait que Mer de liens soit co-armateur avec les jeunes pêcheurs pour empêcher que, si le bateau n’était pas transmis, « ces quotas aillent à la pêche industrielle ». Charles Braine appelle de ses vœux un modèle de pêche plus résilient.
« Il n’y a pas de réflexion collective sur la transition ; on attend à chaque fois les crises et que l’État sorte le carnet de chèques. Il faut entamer une réflexion pour rendre la pêche moins vulnérable aux crises, ériger la polyvalence comme art…
Auteur: Claude Morizur

