C’est reparti. Près d’un an après la forte mobilisation agricole qui avait affolé le gouvernement, une partie des agriculteurs ont décidé à nouveau de manifester leur mécontentement. La raison principale invoquée est la crainte du Mercosur. Un traité de libre-échange entre l’Union européenne et l’Amérique du Sud qui permettrait d’alimenter le marché français avec des denrées à moindre coût et moins respectueuses des normes environnementales européennes.
Le paradoxe étant qu’en France tout le monde est, en apparence, d’accord pour rejeter le Mercosur. « La France ne signera pas en l’état ce traité », a assuré Emmanuel Macron. Même son de cloche du côté de tous les syndicats d’exploitants agricoles, FNSEA, Coordination rurale et Confédération paysanne – organisation historiquement opposée aux traités de libre-échange.
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Mais s’arrêter à ce niveau de lecture serait un peu simpliste et ne permettrait pas de voir tous les enjeux de cette nouvelle mobilisation. Déjà, ce rejet unanime donne la sensation d’un monde agricole uniforme et homogène. Or celui-ci est profondément inégalitaire.
Comment imaginer que les conséquences d’un traité comme le Mercosur toucheraient de manière équivalente l’ensemble de la profession ?
« Les 10 % des ménages agricoles les plus pauvres touchent moins de 10 900 euros par an (soit environ 800 euros par mois). Les 10 % les plus riches gagnent plus de 44 600 euros par an (environ 3 700 euros par mois). Et encore, ces chiffres sont des moyennes, qui cachent les immenses fortunes autant que les vies de misère », rappellent nos confrères de Basta !….
Auteur: Pierre Jequier-Zalc

