Des dizaines de tracteurs se pressaient aux portes de la capitale ce jeudi, certains sur les Champs-Elysées ou au pied de la Tour Eiffel. Une fois de plus, l’inquiétude du monde paysan s’est muée en colère : les agriculteurs dénoncent l’inflation normative, la politique d’abattage déployée face à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), mais aussi le Mercosur, l’accord de libre-échange entre l’UE et plusieurs pays d’Amérique du Sud, qui doit faire l’objet d’un vote à Bruxelles ce vendredi. Les exploitants redoutent que le Mercosur soit source de concurrence déloyale, et viennent mettre en difficultés plusieurs filières. Le gouvernement continue de réclamer des gages à Bruxelles ; mais avec ou sans l’appui de la France, la signature du Mercosur devrait avoir lieu en début de semaine prochaine.
Après une réunion des ministres de l’Agriculture des 27 Etats membres mercredi, les ambassadeurs communiqueront à Bruxelles, vendredi 9 janvier, la position officielle de leurs gouvernements respectifs sur ce traité. Cette réunion pourrait être suivie d’un vote, au cours duquel la France devrait vraisemblablement voter contre ou s’abstenir.
La position française définitive sera donnée par le Premier ministre et le président, a indiqué la porte-parole du gouvernement. Mais à ce stade, les voyants semblent toujours au rouge. Paris réclame notamment l’instauration de clauses de sauvegarde et de clauses miroirs, ainsi qu’un…
Auteur: Romain David

