Les larmes de crocodile sont de sortie. Ce vendredi, les États membres de l’Union européenne (UE) ont voté, à une majorité qualifiée, le traité de libre-échange entre l’UE et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) visant à drastiquement baisser les droits de douane sur tout un tas de produits.
La France, elle, a voté contre, comme l’a annoncé Emmanuel Macron jeudi 8 janvier dans la soirée. Sans que cela empêche l’adoption du traité. La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, s’est tout de suite empressée de déplorer un traité « ancien, mal pensé, mal calibré ». Mais cet atermoiement de l’exécutif sonne comme un véritable bal d’hypocrites.
Avant d’officialiser sa position, Emmanuel Macron avait déjà commencé à se donner le beau rôle : « J’ai essayé depuis des mois de réunir une minorité de blocage. Les Irlandais viennent de nous rejoindre », a-t-il clamé ce jeudi devant les représentants des partis, reçus à l’Élysée. Mais cette sorte de plaidoirie en impuissance ne correspond pas vraiment à la réalité. La France, première puissance agricole et pays fondateur de l’UE, a encore beaucoup de pouvoir à Bruxelles. Si elle se retrouve esseulée, ce vendredi, c’est moins par manque de moyens que par absence de volonté réelle de lutter contre ce traité.
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En effet, le logiciel économique du chef de l’État est désormais bien connu. Il est rappelé dès la première phrase du communiqué annonçant la position française sur le vote de ce vendredi : « La France est favorable au commerce international. » Un logiciel néolibéral, très orthodoxe, qui voit dans le…
Auteur: Pierre Jequier-Zalc

