Mercosur : « L’histoire de ma famille et de la ferme a déjà été bouleversée par ces accords de libre-échange »

Je suis installé depuis trente ans au sud de Limoges, sur une ferme de 150 hectares. Nous faisons de l’élevage de vaches limousines et d’ovins pour la viande, et de l’arboriculture. L’histoire de ma famille et de la ferme a déjà été bouleversée par ces accords commerciaux. Lorsque mon père était installé sur la ferme dans les années 1980, il faisait essentiellement de l’élevage de brebis et de moutons. Mais à cette époque, un accord a permis l’importation massive de viande ovine à bas prix venant de Nouvelle-Zélande, via la Grande-Bretagne, engendrant une baisse des prix payés aux producteurs français.

Conséquence : l’effondrement de la production d’agneaux en Europe. Aujourd’hui, on ne produit plus que 47 % de la viande d’agneaux consommée en France. C’est quasiment un marché de niche. L’accord de libre-échange entre l’Union européenne et la Nouvelle-Zélande ratifié en novembre 2023 était une couche supplémentaire à ce délitement.


Sur le même sujet : Dossier : Le Mercosur réveille la colère agricole

Face à cette crise, mon père a dû réagir en diminuant le nombre d’animaux et en se diversifiant en créant une filière arboricole avec de la pomme du Limousin. Mais d’autres agriculteurs ont abandonné, ont disparu. On a longtemps cru que la délocalisation ne toucherait jamais l’agriculture, on avait tort. On craint désormais que l’élevage bovin se cale sur le scénario de l’élevage ovin dans les années 1980-1990…

On a longtemps cru que la délocalisation ne toucherait jamais l’agriculture, on avait tort.

Cet accord entre l’UE et les pays du Mercosur prévoit d’importer 99 000 tonnes de viande bovine, principalement issue du Brésil. Ces fermes sont sans commune mesure avec les…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur:

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com