Mesdames les députées, messieurs les députés,
Vous serez amenés prochainement à examiner la proposition de loi n° 575 « visant à
lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme », portée entre autres par Madame Caroline
Yadan, députée Renaissance de la 8e circonscription des Français de l’étranger. Cette proposition doit être débattue en Commission des lois le 12 janvier 2026 et en audience à l’hémicycle le 19 janvier.
Elle vise selon ses termes à réprimer « l’appel à la destruction d’Israël » ainsi que « sa
comparaison au régime nazi » en se basant sur les exemples de la définition utilisée par
l’Alliance Internationale pour le Souvenir de l’holocauste (IHRA). Déjà proposée en novembre
2024, cette proposition de loi n’avait à l’époque pas dépassé le stade de l’examen en
commission.
Déposée à nouveau le 16 décembre 2025, après que l’attentat dramatique de Bondi
Beach est venu rappeler la persistance de la menace pesant sur les populations juives du
monde entier, cette proposition de loi nous semble pourtant toujours aussi peu pertinente
pour lutter réellement contre l’antisémitisme. Instrumentalisant les morts de cette tuerie et
l’émotion considérable qu’elle a suscitée, elle cherche à faire passer en force des
dispositions légales visant à censurer la critique légitime des politiques discriminantes et
bellicistes mises en oeuvre par l’État d’Israël en prétextant qu’elle serait la cause principale
de l’antisémitisme contemporain. Ainsi, la définition de l’antisémitisme promue par cette loi
devient un outil pour réprimer judiciairement les personnes qui se mobilisent contre les
massacres et la famine organisée dont sont victimes les Palestiniens et Palestiniennes de
Gaza. À l’heure où nous écrivons ces lignes, comme le soulignent de nombreuses ONG
humanitaires telles qu’Amnesty international ou B’Tselem, ceux-ci se poursuivent en effet,
en…
Auteur: Le Média

