Mesure du temps : pourquoi la seconde intercalaire vit ses dernières heures

À Versailles, la 28e édition de la Conférence générale des poids et mesures s’achève ce jeudi 15 octobre. Ce sommet, qui réunit diplomates et scientifiques, a décidé d’abandonner la seconde intercalaire, une mesure mise en place depuis plus de cinquante ans.

Le mode de calcul du temps n’a cessé d’évoluer au fil des siècles. Depuis l’Antiquité, les hommes s’appuient sur le temps astronomique (UT1) : une journée équivaut à une rotation complète de la Terre. Cependant, la durée de cette rotation n’est pas toujours uniforme.

Au fil du temps, la société et les sciences évoluent, et deviennent de plus en plus dépendantes à la précision des mesures. Dans les années 1950, les horloges atomiques – plus stables et plus précises – sont créées. Elles donnent le temps universel coordonné (UTC). Pour elles, une journée fait 86 400 secondes atomiques.

Néanmoins, plus les années passent, et plus ce système moderne de mesure du temps se décale par rapport au mouvement de la Terre. C’est pourquoi, en 1972, les scientifiques créent la « seconde intercalaire ». Cette dernière est intercalée à intervalle irrégulier, pour maintenir l’écart entre les deux mesures de temps inférieur à 0,9 seconde. Ainsi, 27 secondes intercalaires ont depuis été ajoutées, la dernière en 2016.

Bugs des systèmes d’exploitation

Cet ajout d’une seconde intercalaire n’est pas sans conséquences, car les systèmes informatiques, de distribution d’eau, d’électricité sont régis par le temps universel coordonné. Cette opération a déjà causé plusieurs pannes informatiques à travers le monde. « De nombreux systèmes d’exploitation partent du principe qu’une journée dure 86 400 secondes et que le temps s’écoule de manière prévisible, sans jamais revenir en arrière. L’ajout d’une seconde intercalaire remet en cause ces deux principes », explique Vahe Peroomian,…

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Auteur: Charlotte de Frémont