Mesurer l’invisible : la dure tâche de calculer le stock et le flux de carbone d’une forêt

Des poumons verts. De par leur grande capacité à échanger du CO2 et de l’oxygène, voici comment sont souvent décrites les forêts tropicales. En fixant par la photosynthèse le CO2, principal gaz à effet de serre, ces forêts constituent en effet un maillon crucial dans la régulation du climat global, et leur protection représente un enjeu bien connu des décideurs comme du grand public. Mais la prise en compte des stocks et flux de carbone de ces forêts dans le bilan global des gaz à effet de serre est loin d’être une tâche facile. Il s’agit même de l’un des compartiments les moins bien connus. Même les stocks et flux de carbone des océans sont mieux quantifiés.

Pourtant, les enjeux sont colossaux. Pour éviter de futurs scandales autour de la conservation de ces écosystèmes connus pour être des puits de carbone, il faut que les systèmes de mesure et de suivis soient fiables et indépendants. Autrement, chaque pays ou acteur tirera la couverture à lui, et choisira les définitions et mesures qui arrangent le mieux ses affaires en faisant fi du réel, ou de l’évolution des écosystèmes forestiers.

Le carbone forestier n’est pas une cryptomonnaie : il s’agit d’une grandeur physique concrète, mais dont la mesure est complexe et la valorisation peut sembler fumeuse. Quand on essaye d’expliquer aux populations locales qu’elles pourraient, un jour peut-être, rendre lucratif la conservation de leur forêt grâce à une ressource cachée dans les arbres et dans le sol, et ce sans y toucher, on fait face à une certaine incrédulité.

Alors, comment a-t-on fait jusque-là et comment faire pour mesurer au mieux ces flux et stocks de carbone qui déchainent tant de passions, et parfois aussi d’opportunisme ?

L’inventaire forestier

Tout commence en forêt, avec de bonnes vieilles méthodes de bucheron, comme le fait l’industrie forestière pour évaluer les volumes de bois exploitable via des inventaires…

La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Nicolas Barbier, Chargé de Recherche en Écologie Tropicale , Institut de recherche pour le développement (IRD)

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