Quelqu’un a dit récemment que les blocus sont l’acte de naissance de la GenZ, nos états généraux à nous, notre prise de la Bastille. Ritchy Thibault a dit de brûler l’Élysée. Ce serait dommage de se contenter de brûler les lycées.
Automne
Nous sommes à l’orée du danger. Cet automne va être quelque chose. Mais pour qui ? Il commence avec le plus haut taux d’interpellation pour une journée de mobilisation depuis le mouvement dix-septembriste de 2025. Sauf que cette fois, ce ne sont pas de simples gauchistes qui se retrouvent, comme à leur habitude, en GAV. Ce sont des centaines de mineurs. Et par « mineur », je veux dire des enfants de quatorze à dix-neuf ans. Soit : la GenZ française – qui coïncide avec la génération du Lycée. Certes, une vague de violence s’est abattue d’une manière absolument immonde sur la jeunesse. En trois jours de blocage, on a compté deux enfants défigurés. Un adolescent dont on a détruit la mâchoire. Un autre à qui l’on a arraché un œil. Des dizaines de témoins rapportent des tabassages en garde-à-vue. On a vu une jeune fille blonde étranglée devant son lycée, par un policier chauve aux avant-bras plus larges qu’elle. La zone d’intensité du danger social a cru brutalement. À partir du moment où l’on dégomme tout le monde, jusqu’aux enfants – on voit mal où la brutalisation étatique peut s’arrêter. Plus personne n’échappe par statut à l’écrasement. Les Gilets Jaunes ont fait entrer les classes populaires blanches sous un feu qu’elles ignoraient ou ne croyaient réservé qu’aux indigènes. Aujourd’hui, comme en 2005 et en 2006, d’une toute autre manière, ce sont les enfants et les adolescents qui franchissent le seuil de l’antagonisme sanglant. Il paraît qu’un gouvernement qui a la jeunesse contre soi ne fait pas long feu. Ce gouvernement a contre lui, l’univers entier. Les…
Auteur: dev
