Métaux lourds, fonte des neiges… Pourquoi le tourisme menace de plus en plus l’Antarctique

Le réchauffement climatique n’est pas la seule menace pesant sur l’Antarctique. Le continent austral est également de plus en plus impacté par les effets du tourisme et de la recherche scientifique, révèle une étude publiée mercredi 20 août dans la revue Nature Sustainability.

Dans les zones d’activités humaines, la concentration de particules fines contenant des métaux lourds est dix fois plus élevée qu’il y a 40 ans, alerte cette étude.

Au cours des deux dernières décennies, le nombre de touristes dans la région est passé de 20 000 à environ 120 000, selon l’Association internationale des opérateurs touristiques de l’Antarctique.

« L’augmentation de la présence humaine en Antarctique suscite des préoccupations concernant les polluants issus de la combustion des véhicules, notamment les particules contenant du chrome, du nickel, du cuivre, du zinc et du plomb », indique l’étude.

Les navires qui transportent les touristes utilisent des combustibles fossiles à l’origine des particules fines. Celles-ci sont responsables de l’accélération de la fonte de la neige, affirme Raul Cordero, scientifique de l’Université de Groningen (Pays-Bas) et coauteur de l’étude.

Impact des expéditions scientifiques

« La neige fond plus rapidement en Antarctique en raison de la présence de particules polluantes dans des zones fréquentées par les touristes », a-t-il expliqué. « Un seul touriste peut contribuer à accélérer la fonte d’environ 100 tonnes de neige », assure le chercheur.

Une équipe de scientifiques venant de pays comme le Chili, l’Allemagne et les Pays-Bas ont parcouru pendant quatre ans environ 2 000 kilomètres en Antarctique afin de mesurer la présence de cette contamination.

Les métaux lourds ont également augmenté en raison des expéditions scientifiques, dont les séjours prolongés peuvent avoir un impact jusqu’à dix fois supérieur à celui…

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Auteur: La Croix (avec AFP)