Métiers en tension : à qui la faute ?

Depuis la reprise de l’activité économique à la suite du ralentissement lié à l’épidémie de covid-19, les discours déplorant les « pénuries de main-d’œuvre », les « difficultés de recrutement » ou l’existence de « métiers en tension », qui préexistaient, ont pris de l’ampleur. Si leur intensité a légèrement varié au gré de la conjoncture économique, les explications les plus couramment avancées dans l’espace politico-médiatique ne varient guère : des allocations-chômage trop généreuses permettraient aux chômeur·ses d’être trop exigeant·es et/ou de céder à leur penchant pour l’oisiveté. Et peu importe si moins d’un demandeur·se d’emploi sur deux est indemnisé·e, argument qui suffit à invalider ces explications.


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Pour remédier à cette situation, l’exécutif a activé conjointement trois leviers principaux. Premièrement, diminuer les droits à indemnisation des chômeur·ses et précaires. Depuis 2017, les réformes d’assurance chômage se sont enchaînées et les différents paramètres ont été touchés : le montant de l’indemnisation, la durée et les conditions d’éligibilité. Toutes ont en commun de réduire les droits. Deuxièmement, les sanctions en cas d’insuffisance constatée de recherche d’emploi ont été modifiées par la loi pour le plein-emploi de décembre 2023.

Troisièmement, le nombre de contrôles pour les inscrit·es à France Travail n’a cessé de croître, passant de 284 000 en 2020 (avec un ralentissement pendant le pic de l’épidémie de covid-19) à 950 000 en 2025. Parmi ces contrôles, en 2023 et 2024, les personnes inscrites sur des métiers dits « en tension » ont été principalement…

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Auteur: Claire Vivès

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