Métrages courts

Après le moustachu avec un bic noir), de chouettes rencontres et (un feuilleton de famille, Fabien Drouet revient et récidives avec ces métrages courts.

On naît. On meurt. Entre les deux on vit. Besogneux ou flemmards, même programme pour tout le monde.

*

En mourant, nous lâchons notre dernier souffle et quelques pets. Le voilà donc, le poids de l’âme.

*

En ce 25 avril 2024,
à Lyon, il ne fait pas chaud.
8h45, à la station Guillotière,
un homme, en short, entre.
Il n’est pas frileux, me dis-je.
La tête dans le Q et le tout le reste
dans le métro D.
L’homme pas frileux porte une attelle bleue à la jambe droite.
Elle est d’un bleu qui pète,
bleu boum, bleu fluo, bleu hôpital.
Après trois arrêts passés debout
(côte à côte) : vous auriez peut-être aimé vous asseoir ?
Ah, oui, en effet. Pourquoi pas…Avec le type pas frileux, nous contemplons l’absence
de sièges disponibles et le type grimace
au freinage un peu brusque du véhicule.
Les têtes dans le wagon se redressent,
les smartphones et le livre se dévissent des visages,
une fraction de seconde, au freinage,
puis tous les cous se repositionnent.
Je crois que personne ne vous a vu.
En effet. Oui, personne. C’est bizarre mais pas grave.
C’est au genou qu’il a mal, il m’en parle,
ligaments croisés antérieurs, oh, chiant, ça,
puis nous imaginons que sous nos yeux,
il y a un.e voyageur.se s’apprêtant à signer une pétition
« Pour que les métros lyonnais soient équipés
de places handicapées »
Nous rions, chuchoté, noir.
Consolons-nous, nous disons-nous,
si Bug’s Bunny ou le Bon Dieu en Personne
apparaissaient, nous serions les deux seuls
à les reconnaître, à en profiter,
à grave halluciner.

*

Soldes de fin du monde. 2 mort.es et 26 blessé.es à l’ouverture du Salon de l’Auto.

*

Il paraît que l’homme et la femme invisible se ressemblaient beaucoup.

*

Un homme dans le métro
prend la parole
« une petite pièce »
une femme souffle
cherche complice à son…

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Auteur: dev