En 2015, la candidature de Paris aux Jeux olympiques promettait l’ouverture de la rocade du métro de Grand Paris. Neuf années plus tard, seul le prolongement de la ligne 14 qui passe du nord au sud sera réalisé au moment de la compétition.
Dès la présentation de ce que certains appellent « le chantier du siècle » la question des effets des nouveaux métros a fait débat.
Alors que la loi sur le Grand Paris en 2010 fixait comme objectif à ce vaste projet d’infrastructure de « réduire les déséquilibres sociaux, territoriaux et fiscaux au bénéfice de l’ensemble du territoire national », ses détracteurs y voient « un agent de gentrification express », autrement dit, un facteur aggravant du processus constant d’éviction des couches populaires toujours plus loin vers la périphérie de l’agglomération parisienne.
Pourtant, les mutations sociales et urbaines survenues semblent à la fois ne pas répondre aux objectifs poursuivis et démentir les critiques. Rien ne se passe comme prévu par les uns et les autres.
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Une transformation urbaine qui dépasse largement les quartiers de gare
L’image véhiculée du Grand Paris du futur avec son métro en rocade en banlieue était finalement assez simple : une agglomération polycentrique, c’est-à-dire une organisation du territoire qui repose sur plusieurs zones attractives et dynamiques avec autour de chaque gare un nouveau quartier dense, à la fois pôle d’habitat, de services et d’activités.
Comme l’affirmaient régulièrement les responsables de la société en charge du projet (la Société du Grand Paris devenue la Société des Grands Projets), en combinant plus de 200 kilomètres de nouvelles lignes de métro et des opérations d’aménagement couvrant ensemble une fois et demie la surface de Paris intra muros, les…
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Auteur: Daniel Behar, Géographe Professeur des Universités, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC)

