Et si la «mexicanisation», la vraie, c’était la corruption et les violences policières systémiques ?
En novembre 2024, Bruno Retailleau, Ministre de l’Intérieur d’extrême droite, déclarait : «On a le choix entre une mobilisation générale ou la mexicanisation de notre pays car je vous assure que les narcoracailles n’ont plus aucune limite».
Une formule raciste qui prétend que le niveau de criminalité en France serait comparable à celui du Mexique, où règnent des gangs de narcotrafiquants liés à la police et à la classe politique. Quelques chiffres d’abord. Au Mexique, depuis le début de la «guerre contre la drogue» lancée par le gouvernement en 2006, 400.000 personnes ont été assassinées, près de 130.000 sont déclarées «disparues» et 1.600.000 sont déplacées. C’est une guerre civile qui ne dit pas son nom, avec des viols, des meurtres, des actes de torture, des exactions commises par l’armée et les cartels. Au Mexique, le conflit a permis aux autorités de liquider des militants anticapitalistes et écologistes, qui «disparaissent» sans jamais être retrouvés.
Durant la dernière campagne électorale mexicaine, au moins 34 candidats ont été assassinés. En comparaison, la France compte moins de 1000 homicides par an, soit 1,5 pour 100.000 habitant. Il y en a plus de 30.000 chaque année au Mexique, 25,2 pour 100.000 habitants… En France, le nombre d’homicide a presque été divisé par 3 depuis les années 1980, tout comme la majorité des indices statistiques répertoriant les crimes ou délits, eux aussi en baisse. Seule exception : le nombre de violences sexuelles, marqué par une augmentation des dépôts de plainte depuis MeToo, est en forte augmentation.
Mais venons en au fond. D’autres statistiques – les violences policières et la corruption des policiers – qui ne sont pas comptabilisées dans «l’insécurité» au sens de l’extrême droite, sont en forte…
Auteur: B

