Il est normal que les grands sujets de société, qui concernent chacun, suscitent des débats. Encore faut-il que ceux-ci manifestent du respect pour les personnes et de la considération pour leurs arguments. Tout comme les opposants au projet de loi sur la fin de vie ne se reconnaissent pas dans les qualificatifs de réactionnaires ou de rétrogrades, ils doivent se garder d’en appliquer de semblables aux personnes dont ils ne partagent ni les opinions ni les choix. Il me semble dès lors injuste, mais surtout faux de penser amoraux les tenants de cette loi. Ils ne sont pas sans morale, mais leur morale n’est pas celle à quoi conduit la foi chrétienne.
Les promoteurs de cette loi se présentent comme répondant à des attentes très concrètes – mettre fin à des souffrances physiques et psychiques intolérables et contre lesquelles les soins n’en peuvent mais. De telles situations peuvent en effet exister, la loi Claeys-Leonetti entend y faire face. Cependant, de manière plus certaine, ce projet de loi exprime une volonté, celle pour chaque individu de disposer d’une totale liberté pour décider de sa vie, jusqu’à l’heure et la forme de sa mort. Il s’agit d’un choix philosophique, d’une morale qui exprime une conception de l’être humain, revendiquant sa pleine capacité d’autodétermination. Quant à ceux qui sont hostiles à cette loi ils ne souhaitent ni pour les autres ni pour eux-mêmes subir des souffrances ; tout doit être fait pour les apaiser, les soulager.
Les chrétiens ne peuvent adhérer à une approche qui ne fait dépendre chacun que de lui-même. En effet, la foi tout entière nous enjoint d’accepter que notre volonté et notre vie soient entièrement dans les mains d’un autre ; c’est ce qu’exprime la prière chrétienne par excellence, le Notre Père : « Que ta volonté soit faite ». Ce que Jésus dira au moment de son agonie, et qui résonne avec le projet de loi en…
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