Michel Barnier ou « la faute à la gauche » : l'éditocratie jubile

par Pauline Perrenot, lundi 9 septembre 2024

Accabler la gauche : tel fut l’un des projets de l’éditocratie au soir puis au lendemain de la nomination de Michel Barnier au poste de Premier ministre. Quand ils ne chantent les louanges de l’« homme de consensus » (Le Monde, 5/09), du « négociateur éprouvé » et « grand européen » (La Croix, 6/09), de l’« écologiste » (France Culture, 6/09), du « gaulliste social » (France Inter, 6/09) ou du « gaulliste modéré » (Le Parisien, 6/09), les médias dominants sollicitent des responsables du Nouveau Front populaire pour mieux les clouer au pilori : un doux parfum de pluralisme souffle sur l’audiovisuel français. Florilège.

Que serait un coup de force présidentiel sans un service après-vente médiatique ? Non contents d’avoir « joué le jeu macroniste et accompagné, durant l’été, sa trop longue « décantation » de la situation politique », ainsi que le documentait Arrêt sur images, les médias dominants tiennent la gauche pour responsable de l’issue d’une élection dont elle s’est fait dérober le résultat.

Au moyen d’une inversion orwellienne du réel dont ils sont désormais les acteurs coutumiers, les éditocrates relèguent au second plan le fait politique majeur de la conjoncture actuelle – l’alliance du bloc bourgeois et du bloc d’extrême droite – pour mieux reprocher au Nouveau Front populaire son « inflexibilité ». Et surtout, ne lui pardonnent pas d’avoir enterré le retour de Bernard Cazeneuve, la « gauche » de droite dont ils rêvent et qu’ils cherchent, inlassablement, à remettre en selle.

Stéphane Vernay, rédacteur en chef délégué de Ouest-France, résume dans l’édito de Une (6/09) – « La droite l’emporte grâce à la gauche » – le leitmotiv journalistique :

[La gauche] dénonce à nouveau, avec force, « le vol de l’élection » du 7 juillet. En oubliant de dire sa part de…

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Auteur: Pauline Perrenot

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