Michel Blanc, de rires et de larmes

Après Anémone en 2019, Michel Blanc (1952-2024) vient de s’en aller, et l’émotion est plus que jamais à son comble – sans doute parce que la Thérèse du Père Noël est une ordure avait coupé les ponts depuis longtemps avec ses anciens camarades, on l’associait moins immédiatement avec ce passé. La disparition de Michel Blanc atteint directement un monument de la culture populaire qui vibre encore dans nombre de cœurs de nos contemporains, toutes générations confondues (ou presque) : les membres de la troupe du Splendid, et à travers cette belle équipe, les personnages qu’ils ont incarnés dans Les Bronzés (1978) – suivi l’année suivante des Bronzés font du ski, et beaucoup plus tard, du beaucoup moins inspiré Les Bronzés 3 (2006).

Il est en effet difficile de séparer Michel Blanc de Jean-Claude Dusse, petit homme fluet à moustache et au front (très) dégarni, dragueur spécialiste de la lose. L’acteur a d’ailleurs un temps été cantonné à ce type de rôles (ou à ceux d’hypocondriaque, ce qu’il était réellement dans la vie) dans des comédies à plus ou moins grand retentissement.

Palette

Son image change dans les années 1980 – peu après Papy fait de la Résistance (1983), autre immense succès auquel il participe avec ses potes du Splendid –, quand il incarne, dans Tenue de soirée (1986) de Bertrand Blier, un homosexuel sous emprise, obligé de se travestir. Aussi quand il passe derrière la caméra. Son premier long métrage est certes une comédie, Marche à l’ombre (1984), où il se donne un rôle proche de ce qu’il a déjà montré. En revanche, le suivant, Grosse fatigue (1993), raconte l’histoire sombre d’un célèbre acteur de cinéma, qu’il interprète, exclu de son existence publique et professionnelle par un sosie.

Et c’est ainsi que, peu à peu, le public cinéphile va découvrir que Michel Blanc a non seulement la trempe d’un acteur…

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Auteur: Christophe Kantcheff

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