Michèle Audin nous a quittés. Mathématicienne, écrivaine, passionnée de la Commune de Paris, avec une capacité unique à tisser ensemble ces trois fils dans ses nombreux ouvrages historiques et littéraires, elle était aussi la fille de Josette et Maurice Audin. Ce dernier, jeune mathématicien et militant du Parti communiste algérien, fut assassiné par les paras du général Massu pendant la bataille d’Alger. Philippe Campos lui rend hommage dans ce texte.
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Michèle Audin est morte le 14 novembre à Strasbourg, emportée en moins d’un an par une saloperie qu’elle n’avait pas vue venir. Dans la presse, ce décès a fait l’objet de quelques notices biographiques qui rappellent son activité foisonnante et ses centres d’intérêts en pagaille. Michèle Audin, mathématicienne, écrivaine, oulipienne, historienne, « fille de ». La présente contribution souhaite donner à voir l’unité et la cohérence d’une vie et d’une œuvre, et mettre au jour, dans la mesure du possible, les fils qui relient les différentes facettes de cette personnalité riche et complexe.
Fille de, donc. Michèle a trois ans lorsque son père, Maurice Audin, jeune mathématicien pied-noir et militant communiste, est arrêté, torturé et assassiné par les paras de Massu pendant la bataille d’Alger. Cette filiation, et même cette double filiation puisque sa mère est également mathématicienne, n’est évidemment pas pour rien dans la carrière qui l’a conduite à une chaire de mathématiques à l’université de Strasbourg. Mais elle n’est pas pour rien non plus dans son rejet absolu du colonialisme et des violences d’État.
Il faut lire le courrier qu’elle adressa à Nicolas Sarkozy en 2009 pour refuser la légion d’honneur qui lui était proposée : Sarkozy n’avait pas répondu à une lettre de sa mère Josette Audin lui demandant de faire la lumière sur l’enlèvement de Maurice. Il faut lire ce courrier parce que ce…
Auteur: redaction

