Acrimed : Est-ce que vous pouvez revenir sur le processus qui a abouti à cette charte ? Quels étaient vos objectifs ?
Loup Espargilière : En février 2022, à Vert, on a eu l’idée de faire un manifeste pour une nouvelle écologie médiatique. Après le mouvement des Gilets jaunes, le but était de réconcilier les lecteurs avec les journalistes, autour d’une meilleure information sur l’écologie, avec l’idée que le social et l’écologie sont des sujets intimement liés. On a proposé à nos lecteurs de voter sur dix propositions, et on a fait travailler des scientifiques et des membres de collectifs citoyens sur le texte pour aboutir sur un manifeste qui comptait déjà à l’époque une douzaine de points. Ensuite, avec notre collègue Anne-Sophie Novel, on est allés voir nos confrères et consœurs de pleins de médias, des petits et des gros, et on a monté un collectif informel d’une trentaine de personnes pour bosser sur ce manifeste. Collectivement, on s’est convaincus que c’était plus intéressant et plus durable de faire un texte plus dur, comme une charte, qui soit à l’usage de la profession et qu’on puisse afficher dans les salles de rédaction, dans les écoles de journalisme… Au printemps 2022, on a travaillé tous ensemble avec nos camarades de Reporterre, de France Info et de France Télévisions plus largement, avec des journalistes indépendants et des journalistes de La Relève et la Peste, Socialter, Blast, RFI – on avait un collectif relativement éclectique. L’idée était de faire un texte qui puisse faire office de boussole, pour aiguiller nos confrères et consœurs, mais aussi nous-mêmes, pour essayer d’améliorer le traitement de tous les sujets à l’aune de l’urgence écologique. Transversalité, pédagogie, informer sur les réponses à la crise, se former, etc. : la charte compte, au final, 13 points.
Quel impact a eu cette charte au moment de sa publication ? Savez-vous si…
La suite est à lire sur: www.acrimed.org
Auteur: Maxime Friot

