Le Rassemblement national (RN) l’explique très clairement dans son projet de réforme constitutionnelle, longuement analysé par Pierre-Yves Bocquet dans son essai La « Révolution nationale » en 100 jours, et comment l’éviter. Le projet que le RN entend soumettre à référendum vise à inscrire dans notre Constitution la logique de préférence nationale, permettant d’interdire aux étranger·es, sur la base de leur nationalité, l’accès à un certain nombre de droits.
C’est l’instauration d’une véritable xénophobie d’État, qui serait dès lors inscrite dans le marbre constitutionnel. Il faut partir de cette proposition phare du RN et bien l’analyser car elle est porteuse d’une idéologie qui irriguerait toute la société : à rebours des principes républicains de liberté, d’égalité et de fraternité, on basculerait dans un monde où l’inégalité entre les êtres humains serait la base de l’organisation sociale.
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C’est dans cette logique que le RN prône depuis longtemps la suppression de l’aide médicale d’État, quand bien même professionnel·les de santé ou économistes ont maintes fois démontré l’inefficacité et la dangerosité d’une telle mesure pour l’ensemble de la population. C’est au nom de cette même conception que le parti d’extrême droite souhaite réserver aux nationaux·ales l’accès aux prestations sociales et au logement, comme l’ont encore récemment revendiqué nombre de leurs candidat·es et élu·es aux élections municipales.
Aux mesures de politiques publiques qui seraient déployées dans le cadre de cette xénophobie d’État serait associé un discours permanent de…
Auteur: Fanélie Carrey-Conte

