La planète se réchauffe tandis que les frontières se ferment. La concomitance de ces deux phénomènes pourrait laisser penser que le dérèglement climatique deviendrait un ressort majeur du déplacement des hommes et des femmes vers des pays lointains. Il n’en est rien. En revanche, le changement climatique est bien une cause majeure de mobilité des populations à l’intérieur de leur propre pays.
Tordons d’abord le cou à l’idée d’une migration climatique internationale massive. Elle a longtemps prévalu et elle reste encore prégnante. D’aucun prévoyant le débarquement de hordes d’immigrants chassés de chez eux par le réchauffement et son lot d’événements extrêmes, en particulier venant de l’Afrique subsaharienne pour trouver refuge en Europe. Ce chiffon rouge est parfois agité avec l’intention de forcer l’urgence des actions de réduction des émissions des gaz à effet de serre. Récemment encore, le secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Gutteres, brandissait le spectre d’un « exode de masse à l’échelle biblique ». Le plus souvent – et c’est autrement condamnable –, il s’agit d’entretenir une culture de la peur xénophobe. Quoi qu’il en soit, l’idée ne repose sur aucune base sérieuse.
Des mouvements à l’intérieur des pays
Rappelons quelques éléments établis sur les migrations en général.
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La majorité des migrants, c’est-à-dire des résidents nés dans un État différent, vivent dans un pays à revenu faible ou moyen, ou dans les pays du Golfe. Ils n’ont pas quitté leurs pays pour se rendre principalement dans les pays de l’OCDE. Dans l’ensemble, 96,4 % des Terriens vivent dans le pays qui les a vus naître.
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Les hommes, les femmes et les enfants se déplacent avant tout à l’intérieur de leur pays d’origine. Pour les deux tiers des déplacements, environ. Pour le tiers restant, il s’agit principalement d’une émigration vers un pays voisin et non…
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Auteur: François Lévêque, Professeur d’économie, Mines Paris – PSL

