Milan (Italie), reportage
« J’adore Milan, mais ces Jeux d’hiver sont l’énième confirmation que cette ville ne m’appartient plus », soufflait Matilda le mardi 3 février. L’enseignante était venue assister à un débat avec le Comité des olympiades insoutenables (CIO). Ce dernier a réalisé le documentaire Il Grande Gioco sur les conséquences des Jeux olympiques et paralympiques (JOP) Milan Cortina qui s’ouvrent vendredi 6 février.
Depuis trois ans, ce réseau d’associations s’oppose à l’arrivée de cette grand-messe du sport dans les Alpes italiennes et la métropole lombarde. De vendredi à dimanche 8 février, les activistes organisent des « Jeux utopiques ». Au programme : une manifestation nationale samedi et des séances de sport (boxe, football, capoeira, pole dance…) dans un ancien palais des sports occupé.
L’objectif est multiple. D’abord, se réapproprier la ville « devenue toujours plus exclusive et excluante », explique Marco, membre du CIO venu présenter le film. « Même ces JO qui devraient célébrer le sport sont réservés aux plus aisés », pointe Martino Iniziato, de l’association de randonnée APE Milano. À Milan, seuls quelques billets pour le hockey féminin sont à moins de 100 euros.
Des rénovations pour attirer les plus riches
Les opposants soulèvent aussi les conséquences à long terme des Jeux. « Que ce soit en ville ou en montagne, ils amplifient des processus déjà en cours », reprend Martino. Dans les Alpes, où les températures grimpent et où la neige se raréfie, les écologistes dénoncent l’acharnement à préserver une économie basée sur les sports d’hiver. À l’occasion des Jeux, des millions d’euros ont été investis dans la production de neige artificielle.
Milan, de son côté, affiche depuis des années l’ambition de rejoindre le cercle des grandes métropoles internationales, comme Londres ou Paris. Accueillir de grands…
Auteur: Caroline Bordecq

