Militariser la répression, désarmer la contestation

À la veille de la mobilisation du 10 septembre, un demi-siècle sépare deux silhouettes de CRS et tout un monde de doctrine. Casque, bouclier, matraque d’un côté. Protections intégrales, LBD, lanceurs multicoups, drones et panoplie intégrale de grenades. Cette montée en gamme ne relève pas seulement d’une montée en gamme technique. Elle montre une stratégie d’escalade qui marque profondément la doctrine française de gestion des mouvements sociaux.

Un arsenal qui change l’intervention

Le lanceur de balles de défense, LBD, s’est imposé comme outil central du maintien de l’ordre. Sa précision relative, sa puissance d’impact et les munitions disponibles ont accru la distance d’action tout en banalisant l’usage de la force. Depuis 2018, au moins trente cas de mutilations suite à des tirs de LBD ont été dénombrés en plus d’un décès. Les lanceurs multicoups de type Penn Arms autorisent désormais une cadence de tir élevée, là où dans les années 1970 on se limitait à des armes à un coup. Les grenades ont suivi la même trajectoire.


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La GM2L avec sa charge explosive est devenue incontournable pendant que les grenades de désencerclement, assourdissantes et les lacrymogènes se déclinent en versions pouvant atteindre toutes les distances. Ces matériels ne sont pas de simples accessoires. Ils saturent l’espace, segmentent les cortèges, déplacent les périmètres de sécurité et produisent des mutilations à grande échelle.

La doctrine de l’offensive

En 2021, le schéma national du maintien de l’ordre (SNMO) a fixé la feuille de route. Le texte consacre la mobilité, valorise les interpellations en flux, encadre…

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Auteur: Maxime Sirvins

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