J’ai entendu parler cette semaine d’un mouvement à la mode sur les réseaux sociaux, répondant au nom de « ghettossori », contraction de « ghetto » et de « Montessori ». Il s’agirait d’une tendance (plutôt appelée trend sur ce genre de circuit) qui célébrerait le sursaut de parents, surtout des mères à vrai dire, contre l’obligation (plutôt appelée injonction) de se conformer dans l’éducation de leurs enfants à une attitude bienveillante (plutôt appelée positive) qu’elles désignent sous le nom de méthode Montessori.
Cette méthode, telle qu’elles la décrivent et s’efforcent de la tourner en ridicule, serait illustrée par les mères capables d’une égalité d’humeur, d’une disponibilité et d’une capacité d’écoute à toute épreuve, encourageantes en toutes circonstances et aptes à tourner tout échec en événement prometteur.
La docteure Maria Montessori fut une femme extraordinaire qui à mes yeux n’eut qu’un défaut, celui de ne pas être française. J’aurais aimé m’enorgueillir de partager ma nationalité avec une figure de cette trempe, mais c’est l’Italie qui la vit grandir, et ce sont les très jeunes enfants italiens, avant tout les enfants défavorisés, qui ont les premiers bénéficié de ses recherches, ses intuitions, ses trouvailles et ses vérifications. Je me laisserais volontiers aller à en dire plus sur la longue vie de cette pionnière si tout n’était instantanément accessible sur Internet pour qui veut en savoir plus.
Disons que, française, elle aurait eu toute sa place au Panthéon, comme d’ailleurs son prédécesseur le docteur Jean Itard dont elle avait soigneusement étudié l’œuvre et auquel doit tant l’enfance en difficulté – particulièrement les enfants sourds mais pas seulement, loin de là. Tous les enfants qui aujourd’hui vont chez l’orthophoniste pour y être aidés à contourner, maîtriser, surmonter, rééduquer une…
Auteur: Geneviève Jurgensen

