La lecture de ce livre fait froid dans le dos, ce qui est quelque peu paradoxal si l’on songe qu’il traite du réchauffement de la planète. Elle est tout de même vivement recommandée par ces temps de « nouveau choc pétrolier » – dixit (mardi 24 mars, je crois) Roland Lescure, ministre français de l’Économie et des Finances, lequel déclarait pourtant il y a trois semaines, au début de l’agression israélo-américaine contre l’Iran, « on comprend que face à une hausse du prix du baril, on puisse avoir une hausse de quelques centimes du prix à la pompe ; mais à ce stade, c’est tout ». Ouiche. On en est à quelque cinquante centimes de plus par litre… Ça valait bien un « choc », s’pas ?
Dans un livre précédent dont l’édition originale était parue chez Verso en 2017, Malm, pour caractériser la situation climatique, parlait de l’état de réchauffement. Dans celui dont je traite ici, il s’intéresse à la manière dont le capital, et plus particulièrement le capital fossile, a assuré la poursuite du business as usual dont nous savons pourtant qu’il est en train de produire des ravages écologiques sans précédent, menaçant, à terme, de rendre la Terre inhabitable à nous autres les humains – en commençant par les plus vulnérables, c’est-à-dire les plus pauvres (et cela sans même parler de la sixième extinction des espèces, dont le réchauffement n’est peut-être pas le seul responsable, mais à laquelle il contribue à coup sûr).
Malm et Carton commencent par rappeler ce qui s’est passé durant les premières années de la décennie 2020 – le livre a été écrit en 2023 – dans une assez effrayante « Chronique de trois années hors de contrôle ». Pourtant, en 2020, année de la pandémie de Covid-19, une chose « tout à fait inhabituelle » s’était produite : les émissions mondiales avaient chuté de 5 ou 6%, conséquence des mesures de confinement prises afin de…
Auteur: dev

