Perdue au cœur du Pacifique, une île aux allures paradisiaques, entourée de coraux et entièrement déserte : Minamitorishima pourrait passer pour une destination idyllique pour les vacanciers. Pourtant, le minuscule territoire japonais d’à peine 1,51 km2 connaît un destin moins radieux et devrait devenir un site d’enfouissement des déchets nucléaires, a annoncé le gouvernement nippon mardi 3 mars 2026.
Avec sa forme triangulaire, l’îlot se parcourt à pied en moins d’une heure, en longeant simplement ses plages. Mais nul espoir d’escapade : situé à près de 2 000 kilomètres des côtes japonaises, il est strictement interdit aux visiteurs et ne compte aucun habitant. Seul le personnel de l’Agence météorologique japonaise est autorisé à y débarquer.
Ses uniques résidents permanents seraient une espèce de reptile, des geckos qui auraient rejoint l’île depuis la Micronésie en dérivant sur des morceaux de bois. Un long périple vers cet îlot perdu, aucune terre n’étant située à moins de 1 000 kilomètres à la ronde.
Une île disputée entre Américains et Japonais
Longtemps, l’isolement de Minamitorishima fut tel qu’elle n’apparaissait même pas sur les cartes. Les hypothèses sur sa découverte divergent, mais l’histoire retient l’année 1543. Elle aurait alors été aperçue par le capitaine espagnol de la Torre. Sa localisation ne sera toutefois établie qu’au XIXe siècle. En 1864, le capitaine Gelett, à la tête d’un navire missionnaire hawaïen, y fait escale et son rapport constitue la première mention précise du territoire. Par la suite, explorateurs et navigateurs tentent de préciser sa position.
Baptisée « Marcus Island » par un missionnaire américain, l’île est pendant un temps considérée comme rattachée aux îles Mariannes, sous souveraineté espagnole. Mais à la fin des années 1880, le capitaine américain Rosehill croit discerner un…
Auteur: Camille Sciauvaud

