Cette fois, ils jouent la carte multilatérale : les États-Unis ont réuni une cinquantaine de pays mercredi 4 février à Washington pour assurer un accès équitable aux minerais critiques, face à la dépendance vis-à-vis de la Chine.
« Nous savons désormais que le marché international des minéraux critiques est défaillant », a déclaré le vice-président des États-Unis, JD Vance, à l’ouverture de la conférence, en dénonçant notamment l’instabilité des marchés. « Je pense que beaucoup d’entre nous ont appris à leurs dépens, d’une certaine manière, au cours de l’année dernière, à quel point nos économies dépendent de ces minéraux essentiels », a-t-il ajouté dans une claire allusion à la Chine.
Washington souhaite établir un mécanisme international afin de garantir l’approvisionnement de ces composants essentiels à l’innovation technologique, à la puissance économique et à la sécurité nationale. Cet « Accord sur le commerce des minerais critiques » prévoit en particulier de fixer des prix planchers et la mise en place d’une zone commerciale préférentielle.
Le grand raout – 55 pays représentés – se déroule sous les auspices du secrétaire d’État américain, Marco Rubio, qui a insisté pour sa part sur le caractère « multilatéral » de cet effort. Il a relevé qu’« aujourd’hui, c’est fortement concentré dans les mains d’un seul pays », qui peut s’en servir comme « levier à des fins géopolitiques ».
La Chine utilise ainsi sa maîtrise des aimants industriels, essentiels dans le cycle d’usage des terres rares, comme moyen de pression vis-à-vis d’États voisins, notamment le Japon. Et Pékin n’hésite pas à menacer d’activer ce levier lors des négociations commerciales entre les deux premières puissances économiques mondiales, comme lors de l’escalade commerciale entre les deux pays après l’annonce de nouveaux…
Auteur: La Croix (avec AFP)

