Minerais critiques : une instabilité qui fragilise les pays émergents et en développement

La hausse de la demande en minerais critiques nécessaires pour mener à bien la transition énergétique n’est pas qu’une bonne nouvelle pour les pays producteurs. Elle les soumet à la volatilité des marchés. D’où l’exigence de mesurer leur exposition à ce risque nouveau.


Voitures électriques, panneaux solaires, éoliennes : la transition énergétique semble être une bonne nouvelle pour la planète. Pourtant, derrière ces technologies se cache une dépendance croissante à une poignée de minerais dits critiques : lithium, cobalt, nickel ou terres rares, entre autres. Ces ressources sont indispensables pour fabriquer des batteries, des moteurs électriques ou encore des turbines. Leur demande pourrait être multipliée par sept d’ici à 2040 selon l’Agence internationale de l’énergie (IEA).

Le changement climatique expose les pays émergents et en développement à deux grands types de risques. Les risques physiques proviennent des catastrophes naturelles – inondations, sécheresses, ouragans – qui détruisent les infrastructures perturbent l’agriculture et pèsent lourdement sur les finances publiques. Les risques de transition d’ordre économique apparaissent lorsque l’économie mondiale s’oriente vers un modèle bas carbone : nouvelles réglementations, innovations technologiques, marchés instables.

Les pays producteurs de minerais critiques se trouvent au premier plan de ces risques, car leur prospérité dépend de ressources de plus en plus demandées mais aux prix très volatiles. Or cette exposition est amplifiée par une autre réalité. La production mondiale de ces matériaux est concentrée dans un petit nombre de pays. La République démocratique du Congo fournit plus de 70 % du cobalt, la Chine domine les terres rares, le Brésil exporte graphite et nickel, tandis que le Pérou est un acteur majeur du cuivre. Cette concentration confère à ces pays un rôle stratégique, mais elle les rend aussi…

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Auteur: Paola D’Orazio, Associate Professor, IÉSEG School of Management