C’est une proposition qu’il a mis du temps à accepter. Prompt à croquer le monde politique, Mathieu Sapin s’est interrogé avant de s’embarquer dans une immersion longue au sein du ministère de l’Intérieur : « J’avais une réticence parce que j’avais peur de l’étiquette qu’on allait pouvoir me coller. Ça a été amplifié par le fait que j’ai voulu, au départ, faire une BD collective pour diluer la responsabilité. J’ai proposé à des camarades dessinateurs et dessinatrices, tous m’ont dit non. Je me suis rendu compte que la réticence que j’éprouvais était partagée. »
Pour celui qui se classe à gauche, suivre les activités du ministère de l’Intérieur qui incarne l’ordre, la sanction, n’était pas une évidence : « En traitant ce sujet, c’est une forme de communication. On peut légitimement se demander si je ne suis pas au service du sujet que je traite ».
Casque sur la tête, équipé de bottes et genouillères, celui qui est plus habitué à rendre compte des meetings et des réunions à l’Élysée que des manifs a pu embarquer avec les compagnies de CRS. De quoi revoir certains préjugés : « Parmi les policiers que j’ai croisés, beaucoup avaient une opinion positive du mandat de Bernard Cazeneuve, qui est de gauche. C’est vrai qu’il y a une image droitière » admet le dessinateur.
« On éprouve de l’empathie pour les gens qu’on observe »
Mais la rencontre qui l’a le plus marquée reste celle avec…
Auteur: Mathieu Terzaghi

