Minorité de blocage, clauses miroirs : quelles sont les marges de négociation de la France sur l’accord UE-Mercosur, qui suscite la colère des agriculteurs ?

Ce 17 novembre, en visite en Argentine, Emmanuel Macron a réitéré son opposition à la signature du traité de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay, Bolivie). Alors que s’ouvre le sommet du G20 au Brésil et que la mobilisation des agriculteurs reprend en France sur fond de rejet de l’accord, le chef de l’État est toujours à la recherche d’alliés pour le faire tomber.

Concrètement, Paris dispose-t-il de moyens pour faire plier Bruxelles ? Pour le comprendre, revenons d’abord un peu en arrière. En réalité, les négociations autour de ce traité de libre-échange ont pris fin en juin 2019, après presque 25 ans de discussions entre l’Union européenne et les pays d’Amérique du Sud. Tel que conclu il y a cinq ans, l’accord prévoit notamment la suppression de la majorité des droits de douane entre les deux marchés sur de nombreux produits, facilitant par exemple le commerce de voitures européennes ou encore de viande bovine brésilienne.

Des négociations « dans la dernière ligne droite »

« L’accord trouvé en 2019 suscitait déjà une opposition de la France, qui demandait davantage de garanties environnementales et le respect de l’Accord de Paris », explique Elvire Fabry, chercheuse senior en géopolitique du commerce à l’Institut Jacques Delors. Face au rejet français et au gré des événements politiques, notamment avec l’arrivée de Jair Bolsonaro à la…

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Auteur: Rose Amélie Becel

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