Ce reportage s’inscrit dans notre série La balade du naturaliste : une randonnée à la découverte d’une espèce ou d’un milieu exceptionnel, en compagnie d’une ou d’un passionné.
Rousson (Gard), reportage
Sac sur le dos, chaussures aux pieds, et loupe botanique pendue au cou, les randonneurs sont prêts à partir. Mais Angeline Julien, l’animatrice, les invite à former un cercle. Au sol, un tableau plastifié présentant des catégories : « figure de la sorcière », « stéréotypes de genre », « culture du viol »… Drôle d’introduction pour une balade dédiée à l’observation du règne végétal.
La guide du jour explicite le thème : misogynie et botanique. Car « en Europe, la domination des femmes s’est aussi perpétuée via les plantes », explique-t-elle. « Et chacune de celles que nous allons rencontrer aujourd’hui peut être associée à une ou plusieurs de ces notions. » Passionnée de botanique, elle propose régulièrement des promenades sur divers thèmes avec son association, Les Mutines indigènes.
Soleil radieux de printemps et fraîcheur du matin s’équilibrent, la météo est parfaite pour déambuler entre les bosquets, les prairies fleuries et les parties cultivées des jardins ethnobotaniques de la Gardie, à Rousson (Gard). Six hectares dédiés au patrimoine floristique sauvage et domestique des basses Cévennes. Dans le petit groupe qui se met en marche, il n’y a quasiment que des femmes.
Des symboles de chasteté
Quelques pas plus tard, nous voici déjà à la recherche d’un premier arbuste : l’aubépine. Ses petites fleurs blanches ont déjà fané. « On disait qu’elle assurait le bonheur conjugal en assurant la chasteté des femmes attendant le mariage », dit Angeline. Les significations données aux plantes reflètent parfois moins leurs véritables propriétés que ce que l’on attend des femmes. Autre exemple croisé au cours de la balade : celui…
Auteur: David Richard, Marie Astier

