« Marre de payer le plein, les courses et le loyer toujours plus cher, pendant que TotalEnergies empoche [des] milliards. » Sur le site 17octobregiletjaune, porté entre autres par les groupes militants Bloquons tout et Peuple révolté, le message est clair : la journée d’action du samedi 17 octobre doit permettre d’incarner les colères sociales qui montent depuis plusieurs semaines.
Lancé en septembre sur les réseaux sociaux, hors de toute structure syndicale ou partisane, cet appel évoque par certains aspects le mouvement Bloquons tout du 10 septembre 2025, mais également celui des Gilets jaunes. Manifestations (autorisées ou non), blocages, rassemblements sur des ronds-points… Sur la carte des mobilisations, plus de 1 450 actions sont recensées à travers la France.
« Cela montre bien que ça craque d’un peu partout », analyse Manuel Cervera-Marzal, sociologue et auteur de plusieurs essais, dont Résister — Petite histoire des luttes contemporaines (éd. 10X18, 2022) et Le Populisme de gauche : sociologie de La France insoumise (éd. La Découverte, 2021). À six mois de la présidentielle, cette contestation tous azimuts représente selon lui du « pain bénit » pour la gauche, notamment pour le parti mélenchoniste.
Reporterre — Vie chère, prix des carburants… mais aussi austérité, violences policières, démocratie. Comment comprendre les revendications liées à l’appel du 17 octobre ?
Manuel Cervera-Marzal — Il y a des revendications multiples, avec un côté liste à la Prévert. Ce n’est pas étonnant : c’est un trait récurrent des mobilisations qui naissent en dehors des cadres partisans et syndicaux. Ces derniers, qui sont des professionnels du militantisme, ont l’habitude de hiérarchiser les demandes, de créer des mots d’ordre.
« Derrière, il y a un ennemi commun, Emmanuel Macron et son gouvernement, et, plus globalement, le capitalisme »
Surtout, cela montre bien…
Auteur: Lorène Lavocat
