Le rôle prépondérant que jouent les ONG financées par l’étranger dans la vie politique de la Géorgie, notamment en ce qui concerne l’élaboration des politiques publiques et la gestion des services publics, a conduit le pays dans une situation de crise démocratique chronique.
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Il existe un problème majeur au cœur de l’économie politique de la Géorgie. Il puise ses origines dans le règne corrompu et inefficace de l’ancien président, Edouard Chevardnadze. Il y a de cela un quart de siècle, avant la révolution des roses de 2003, celui-ci avait octroyé une importante marge de manœuvre aux agences d’aide étrangères, de telle sorte que les ONG possédaient déjà à l’époque une grande influence dans le discours politique du pays et entretenaient des relations de confiance avec les donateurs internationaux.
Après des années de troubles et d’effondrement de l’État, des citoyen.ne.s armé.e.s d’idées et de convictions s’étaient emparé de cette opportunité afin de façonner leur société. Cette évolution paraissait pleine de fraîcheur et d’énergie, même si elle était davantage animée par des entrepreneurs sociaux que par de vastes mouvements populaires. Après le renversement de Chevardnadze par son ancien ministre de la Justice, Mikheil Saakashvili, lors de la révolution des roses, les professionnel.le.s des ONG ont rapidement accédé à des postes de haut niveau au sein du gouvernement. La vie politique géorgienne est ainsi devenue un terrain d’expérimentation pour toute sorte de pratiques et de réformes inspirées de l’aide internationale. Le calcul des dirigeant.e.s était que les avantages géopolitiques et matériels l’emportaient largement sur les inconvénients.
S’ensuivirent un afflux régulier d’aide étrangère et l’ouverture à Tbilissi de bureaux bien dotés en personnel pour des programmes d’aide bilatérale, la Banque mondiale, des agences des Nations unies, des…
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