Entre le bruit des tracteurs et le crépitement des barbecues, une petite musique s’est fait entendre, le 13 janvier, aux abords de l’Assemblée nationale. Au milieu des 350 tracteurs de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs, plusieurs manifestants ont réclamé la mise en œuvre rapide d’un texte controversé : la loi Duplomb.
Absent des premières mobilisations agricoles, le syndicat majoritaire et productiviste entend revenir sur le devant de la scène, avec ses propres revendications. En haut de sa liste figure l’application de la loi « visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur » — un texte largement dicté par la FNSEA.
Lire aussi : Loi Duplomb : un texte écocidaire rédigé par la FNSEA
Honnie par l’ensemble des écologistes, la loi facilite la construction de mégabassines et l’élevage industriel. Si sa disposition la plus contestée — la réintroduction de pesticides néonicotinoïdes, notamment l’acétamipride — a été censurée par le Conseil constitutionnel en août, le texte affaiblit plusieurs garde-fous à l’usage des pesticides.
Désormais, le syndicat agricole exige que les décrets soient publiés « avant le Salon de l’agriculture », le 21 février, a insisté son numéro 1, Arnaud Rousseau, sur RTL. Aucune des mesures réglementaires prévues par la loi Duplomb n’a en effet été prise par le gouvernement, six mois après sa promulgation. Rien d’anormal, le délai médian d’application d’une loi étant de 8 mois et 17 jours. En comparaison, il a fallu dix mois avant que les textes permettant la mise en œuvre de la loi anti-PFAS, ces polluants éternels, soient publiés.
Ces textes techniques concernent l’assouplissement des règles entourant la création d’élevages industriels, la possibilité pour des vendeurs de produits phytosanitaires de délivrer des conseils agronomiques, et l’encadrement des agents de l’Office français de la…
Auteur: Lorène Lavocat

