Avouons-le, on a frissonné, enfants, devant la mine patibulaire du méchant russe dans James Bond.
Plus tard, on s’est excité.es sur nos manettes dans les jeux vidéos américains où les zombies avaient des accents arabes ou latinos.
Puis on a grandi.
On s’est aperçu.es que le monde était un peu plus complexe que la grossière polarisation imposée par l’industrie militaro-culturelle.
Surtout, on s’est rendu.es compte que la fabrique de l’ennemi, d’un bouc émissaire était très utile au groupe dominant pour maintenir son pouvoir. En France, ça fait déjà quelques années que l’on théorise la fabrique de l’ennemi intérieur.
Quant à l’ennemi extérieur, les médias occidentaux jouent leurs partitions tous les jours, nous verrons que l’appareil d’État est en train de se mettre au diapason, et va très bientôt jouer le chef d’orchestre.
En effet, on ne compte plus dans les journaux le nombre d’articles sur les militant.es sympas, ou les journalistes impartiaux injustement incarcéré.es par l’Etat russe car considéré.es comme « agents de l’étranger ». Jusque là ce terme pouvait prêter à sourire (jaune) tant l’autoritarisme de Poutine rappelle l’atmosphère paranoïde de la Guerre froide.
Sauf que maintenant c’est « chez nous ».
Probablement un des derniers textes discutés par le Parlement avant la dissolution, la « loi visant à prévenir les ingérences étrangères en France » a été définitivement adoptée le 5 juin 2024 et publiée le 25 juillet.
En seulement 9 articles, cette loi autorise le fichage, le contrôle, la surveillance et la répression de toute « tentative d’ingérence étrangère ».
Voici un mini détail de ce texte :
-répertoire=fichage
Les articles 1 à 3 étendent les prérogatives de la Haute autorité à la transparence de la vie publique (HATVP). La HATVP, initialement conçue pour nous faire croire que nos dirigeants ne mélangent pas trop leurs casquettes…
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