Soulignons d’abord la démesure de l’exposition qui s’est tenue du 29 novembre 2023 au 28 avril 2024 : plus de 100 robes ont été présentées au Musée des Arts Décoratifs (MAD) de Paris, certaines ayant été portées par les actrices Nathalie Portman, Eva Green, Cate Blanchett, Tilda Swinton ou encore les chanteuses Beyoncé, Lady Gaga et Björk et plus récemment Isabelle Huppert au théâtre. L’exposition a connu une affluence intense, 370 780 personnes s’y sont pressées.
Âgée de 40 ans, Iris van Herpen est une créatrice de mode néerlandaise. Sa créativité époustouflante s’installe dans une fusion des technologies numériques, de l’artisanat traditionnel de la haute couture, avec des formes et des matières très inspirées par la biosphère.
Des robes pour une expression artistique visionnaire
La visite suscite en moi une interrogation immédiate : « Cette robe faite d’une dentelle de verre à l’image de diatomées, algues microscopiques aux squelettes de verre et aux formes fascinantes par leur finesse et leur complexité, comment est-il possible de la porter ? » Mais là n’est pas le propos. Ici le véhicule de l’expression artistique n’est pas la peinture ou la sculpture de corps, mais la robe sur un corps féminin. Et finalement, défilés et expositions montrent que des mannequins peuvent porter ces robes qui alors transforment leur corps et sa relation au monde.
La robe, interface complexe entre le corps et le monde
Ces robes forment un lien muet mais très intense entre le corps et le monde autour. Elles ne sont donc pas…
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Auteur: Joël Chevrier, Professeur des universités / physique, Université Grenoble Alpes (UGA)

