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1. « Ils sont tombés » (Album Voilà que tu reviens, 1976)
« Ils sont tombés sans trop savoir pourquoi… ». Oui : c’est bien de cela qu’il s’agit. Enfin. Après trente ans de carrière. Pour le soixantième anniversaire de l’événement, Aznavourian prononce le nom d’Arménie. Il en fait même le dernier mot poignant de cette poignante élégie :
« Ils sont tombés, pour entrer dans la nuit… éternelle des temps, au bout de leur courage, la mort les a frappés sans demander leur âge, puisqu’ils étaient fautifs d’être enfants d’Arménie ».
C’est très exactement le 24 avril 1975, soixante ans jour pour jour après le déclenchement officiel du génocide, qu’Aznavour entre en studio à Londres, pour graver dans la cire ce qui aurait initialement dû être la chanson d’un film d’Henri Verneuil, adapté du roman de Clément Lépidis : L’Arménien. Le projet ne se montera pas, et il faudra attendre Mayrig, seize ans plus tard, pour que l’Arménie, le Génocide et la Diaspora fassent leur entrée dans le cinéma français, et donc la culture populaire, grâce à Verneuil toujours, fort de ses quatre décennies de services rendus – et de cartons au box office. Et huit ans de plus avant que le Parlement français vote enfin une reconnaissance officielle du crime de 1915.
De l’aventure Lépidis il ne restera donc qu’une chanson – mais quelle chanson ! – en forme de requiem pour le million et demi de vies arméniennes arrachées et « recouvertes par un vent de sable et puis d’oubli ». Interprétée pour la première fois à la télévision française le 12 avril 1975, elle sortira rapidement en 45 tours, avant d’être reprise sur l’album suivant, un an plus tard. Aznavour a rappelé pour l’occasion son beau-frère Georges Garvarentz, qui lui a…
Auteur: Pierre Tevanian

