Moins de bébés après la chaleur : ce que deux études en France et en Italie nous disent (ou pas)

Toute l’Europe a connu plusieurs vagues de chaleur longues et sévères au cours de l’été 2026. Davide Bonaldo/Shutterstock (no reuse)


L’ESSENTIEL

  • Deux études associent la forte chaleur à moins de naissances neuf à dix mois plus tard, en France et en Italie.

  • Les deux études jugent ce lien réel, mais assez faible.

  • Il pourrait toutefois peser davantage si les chaleurs deviennent plus fréquentes, alors que la natalité recule déjà en France et en Italie.


La chaleur est associée à une baisse des naissances en France et en Italie, selon deux nouvelles études. Chaque journée où la température moyenne atteint 25 °C ou plus est liée à environ 360 naissances de moins en France et à environ 192 de moins en Italie.

La baisse apparaît neuf à dix mois après l’exposition à la chaleur. Ce calendrier laisse penser que les conceptions sont moins nombreuses pendant les mois chauds.

La chaleur peut nuire à la santé reproductive des hommes comme des femmes, ce qui pourrait se traduire par moins de grossesses. Elle peut aussi modifier le comportement sexuel des gens, et les deux explications sont possibles.

La France et l’Italie ne sont pas les premiers pays où les chercheurs ont observé ce phénomène. Des études similaires menées aux États-Unis, en Corée du Sud, en Espagne et à l’échelle de l’Europe ont elles aussi trouvé un lien entre chaleur et baisse des naissances. À mesure que les preuves s’accumulent, cela ressemble de moins en moins à une particularité de quelques pays.

Des études antérieures menées aux États-Unis et en Hongrie avaient constaté qu’une partie des naissances manquantes étaient « rattrapées » dans les mois suivant le creux, comme si les couples avaient simplement repoussé l’arrivée d’un bébé. Mais les études française et italienne n’en voient aucun signe : dans ces deux pays, certaines naissances pourraient donc être définitivement perdues au lieu d’être…

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Auteur: Raya Muttarak, Professor of Demography, Bocconi University