Moins de riches : une nécessité contre la crise climatique

Ne faisons pas des riches les boucs émissaires de la crise climatique ! C’est le cri du cœur du patron des patrons, Geoffroy Roux de Bézieux, lundi 29 août sur France Inter. Et pourtant. Une nouvelle étude, parue fin août dans la revue Nature, vient rappeler combien les inégalités constituent un facteur déterminant du chaos écologique.

Plus précisément, les chercheurs de l’université de Leeds, au Royaume-Uni, ont montré que les inégalités accroissent considérablement la consommation d’énergie. Pour ce faire, ils ont élaboré six scénarios, à horizon 2050 : d’un monde relativement égalitaire à un monde fortement inégalitaire. Ils ont également pris en compte l’augmentation de la population planétaire et les avancées technologiques possibles. Leur résultat est clair : si les inégalités de richesse restent proches du niveau actuel, la consommation d’énergie pourrait être jusqu’à deux fois plus élevée que dans un monde plus équitable. Autrement dit, la sobriété indispensable à notre avenir nécessite plus d’égalité.

La voracité des super-riches est particulièrement pointée du doigt par les scientifiques : toujours à horizon 2050, « la consommation d’énergie du 1 % de la population mondiale super-riche pourrait être égale à celle nécessaire pour assurer un niveau de vie décent à 1,7 milliard de personnes, soit la totalité de la population africaine de 2050 », selon les projections démographiques.

« Le train de vie des plus riches a une empreinte énergétique démesurée », abonde Clément Sénéchal, porte-parole de Greenpeace, joint par Reporterre. Vols aux quatre coins de la planète, résidences secondaires à gogo, yachts… « Ce mode de vie est indécent et irresponsable, il n’est pas universalisable dans le cadre des limites planétaires [autrement dit, il n’est pas généralisable à l’ensemble de la population] et il pollue, car 80 % de l’énergie est d’origine fossile », poursuit le militant.

« Restreindre le mode de vie des plus riches »

« Plus on est riche, plus on pollue, c’est très net », rappelait déjà le chercheur Lucas Chancel dans un entretien à Reporterre. Les plus aisés sont ainsi les principaux émetteurs de gaz à effet de serre. Dans son rapport 2022, le Laboratoire sur les inégalités mondiales rappelait également que les 10 % les plus riches de la planète sont responsables de près de la moitié des émissions de carbone. Au niveau national, selon Oxfam et Greenpeace, les 63 milliardaires français…

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Auteur: Lorène Lavocat Reporterre