À une quinzaine de kilomètres au nord de la capitale moldave Chisinau s’étire la ville de Sireți. Leonid Boaghi, le maire trentenaire de cette commune rurale de 6 000 habitants, nous emmène sur une parcelle à l’extrémité du village. Ici, en novembre 2023, plusieurs dizaines de volontaires et d’employés du service forestier moldave ont planté des arbres par un samedi matin pluvieux. L’édile est fier de cette réalisation : son village est l’un des premiers à avoir bénéficié d’une session de plantation dans le cadre du programme national de reboisement annoncé en 2021. Aujourd’hui, les jeunes plants prennent tranquillement de la hauteur.
Leonid Boaghi est membre du Parti action et solidarité, une formation politique pro-européenne et de centre droit, fondée par Maia Sandu. Depuis 2020, la quinquagénaire préside le pays, après avoir brièvement occupé le poste de première ministre et celui de ministre de l’Éducation. Malgré sa sensibilité à la protection de l’environnement, la thématique n’était pas le fer de lance de sa campagne. Mais, quelques mois après le début de son mandat, elle a annoncé ce programme d’ampleur.
Alors que nous ne contribuons aux émissions mondiales qu’à hauteur de 0,03 %, nous sommes le pays le plus vulnérable d’Europe aux impacts climatiques.
M. Sandu
La Moldavie, petit poucet localisé entre la Roumanie et l’Ukraine, souffre d’un déficit de couverture forestière. À l’échelle du continent européen, c’est l’un des pays les moins bien dotés : 11,7 % de son territoire était recouvert de forêts en 2020, contre 38,6 % en moyenne dans l’Union européenne (UE), selon les données du service de statistiques européen Eurostat.
La Moldavie n’a pas toujours été aussi dépourvue. Au milieu du XIXe siècle, alors que le territoire était intégré dans l’Empire russe, un tiers de la surface actuelle du pays…
Auteur: Mathilde Doiezie

