Cet article est publié en partenariat avec Vertige Média..
Les chaleurs extrêmes peuvent créer des mirages. Pourtant, en ce jeudi 25 juin, la scène est bien réelle. Au cœur du parc de la Villette, dans le 19e arrondissement de Paris, la nouvelle salle d’escalade de la Fédération française de la montagne et de l’escalade (FFME) est pleine à craquer. Des familles sont attablées avec un verre de sirop, des télétravailleurs tapotent sur leur clavier, des sportives et sportifs grimpent un peu partout. Ils sont venus profiter de la climatisation flambant neuve.
À moins de 3 kilomètres de là, le monde est renversé. Dans la salle Arkose non climatisée de Pantin, en Seine-Saint-Denis, il n’y a presque personne. Un ventilateur distribue de l’air chaud. Au fond de la salle, deux grimpeurs en nage se demandent s’ils vont remettre un essai dans leur voie. L’atmosphère est si dense qu’elle rend visibles les particules de magnésie qui flottent dans l’air.
En quelques jours, la vague de chaleur inédite qui a frappé la France a opposé deux catégories dans l’univers de l’escalade en salle commerciale. D’un côté, les structures climatisées métamorphosées en îlots de fraîcheur. De l’autre, celles qui ne le sont pas, transformées en fournaises que seule une poignée de téméraires ont décidé d’affronter. Sauf qu’elles et eux ont le choix. Ce n’est pas le cas de la centaine de salariés d’Arkose en Île-de-France qui doivent travailler — à l’accueil, en cuisine, dans la zone de grimpe — sous des températures qui ont parfois culminé à plus de 40 °C. Plusieurs d’entre eux ont contacté Vertige Media pour témoigner de leurs conditions de travail dégradées. Toutes et tous ont choisi de le faire sous couvert d’anonymat.
Passoires thermiques et Mr. Freeze
Au début de la canicule, quand Issa a commencé sa journée de travail, il s’attendait déjà à ce que ce soit compliqué….
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