Vous avez échoué et vous nous entraînez dans votre échec. Vous avez échoué à construire le projet d’avenir que vous nous promettiez qui devait faire reculer l’extrême droite pour longtemps. Vous avez échoué à tenir vos promesses : « Ce vote m’oblige », disiez-vous… Vous avez échoué à gouverner au centre, alors que la France ne se gouverne pas au centre : François Mitterrand s’y était essayé. Il a juste réussi à écraser ce qui se trouvait à sa gauche. Le Parti communiste va alors dégringoler : 16 % aux législatives de 1981, 10 % en 1986 comme en 1997, à 4,8 % en 2002, 2,7 % en 2017. Pendant ce temps, l’extrême droite suivait une courbe inverse.
Vous avez peut-être été un bon banquier, Monsieur le Président, mais vous êtes un piètre politique.
Elle n’est pas rassurante votre lettre. L’incantation à la « confiance » (8 fois) ne suffit pas. Vous nous avez bien trop souvent trahi. Il faudrait des gestes forts, déterminés, inattendus de votre part. Vous dites ne pas vouloir démissionner. Mais comment vous croire ? Vous disiez aussi qu’il n’y avait pas de relations entre les élections européennes et la politique nationale… Et cette nouvelle peur que vous distillez contre la gauche qui va « répondre aux injustices de notre société par une augmentation massive des impôts pour tous, et pas seulement pour les plus riches » serait à mourir de rire si les temps n’étaient pas sinistres. Vous mettez sur le même plan l’extrême droite raciste, excluante, au programme anti-constitutionnel et une augmentation d’impôts… Décidément, vous n’avez rien compris et ceux qui vous entourent non plus. Cette lettre marque surtout à quel point votre bateau prend l’eau. Touché-coulé votre Titanic.
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Auteur: Maryse Souchard

