Biscarosse (Landes), reportage
Un morceau d’asphalte qui dépasse du sable de la plage : c’est tout ce qu’il reste de la promenade piétonne que les habitants de Biscarrosse avaient l’habitude d’arpenter. Sous l’effet conjugué d’une tempête hivernale, de forts coefficients de marée et des pluies diluviennes du mois de janvier, la dune en front de mer s’est effondrée sur une cinquantaine de mètres. Cette spectaculaire accélération de l’érosion n’est pas isolée. Rien qu’au mois de janvier, un blockhaus a glissé de 20 mètres à Lège-Cap-Ferret (Gironde) et une route a dû être fermée à Saint-Palais-sur-Mer (Charente-Maritime).
Si l’érosion est bien un phénomène naturel, le dérèglement climatique accentue cet aléa à cause de la montée des eaux combinée à des tempêtes hivernales qui gagnent en intensité et en fréquence.
Une prise de conscience qui avance
Les événements érosifs soudains et spectaculaires de ce type ont un avantage selon Adeline Plé, chargée de plaidoyer chez l’ONG de protection des Océans, Surfrider. « C’est le moment où l’alarme s’enclenche dans les populations. À La Rochelle par exemple, beaucoup de choses ont été mises en place suite au passage de la tempête Xynthia. » Quand le littoral recule brusquement, la prise de conscience du risque, elle, avance. « Le littoral est un plaisir mais aussi une zone naturelle, sauvage. Il faut développer une culture du risque. »
L’association a formulé des recommandations pour les communes littorales en amont des municipales afin que le sujet s’invite aux élections de mars prochain. Pour mieux s’adapter, les scientifiques suggèrent notamment de reculer face à la mer et de restituer des espaces naturels. Sur le littoral aquitain, l’idée a fait son chemin. À Labenne (Landes), le Conservatoire du littoral est ainsi en train de renaturer un site en déconstruisant un ancien établissement de soin,…
Auteur: Chloé Rébillard

