Depuis 2019, l’association pour des jardins agroécologiques partagés réunit une bande de potes, précaires, autour de la question de l’alimentation, autant pour aider les autres que pour subvenir à leurs propres besoins. Deux fois par semaine, ils récupèrent les invendus des petits commerces, les redistribuent gratuitement et cultivent des légumes avec les riverains dans un square du quartier populaire de Figuerolles
Article initialement paru dans notre numéro papier numéro 38 “Précarité alimentaire : du blé pour manger”, paru en novembre 2023
Mardi, 16 heures. Assise sur un banc du square du père Bonnet, Marcelle, une retraitée du quartier, patiente entre des parcelles cultivées par l’association pour des jardins agroécologiques et des gens du coin. « J’attends. Je n’ai pas mangé depuis deux jours. Le rendez-vous est fluctuant. Parfois c’est 16 heures, parfois 16 h 30. Mais attendre donne de l’espoir, l’espoir de voir arriver le pain et les légumes. C’est comme avec l’amour ! », plaisante-t-elle. A côté, d’autres habitués rigolent à sa blague. Ils sont en tout une cinquantaine à connaître ce rendez-vous.
Aux alentours de 16 h 20, deux jeunes débarquent avec des caddies remplis de légumes, de fruits et de pain, récupérés chez les petits commerçants du quartier, et les posent sur des planches en bois. Aussitôt, les gens approchent pour se servir, et discutent. « Les haricots blancs, je les fais en sauce tomate », explique une dame à une autre, en lui détaillant sa recette.
Voilà maintenant trois ans que l’association pour des jardins partagés agroécologiques réalise cesrécupérations et distribution d’invendus dans le quartier Figuerolles. « Le but de l’asso à la base, c’était de faire des jardins partagés en ville et de redistribuer les légumes à des sans-abris. Mais dans les jardins municipaux, on manquait d’espace pour nourrir les gens », décrit Anaëlle, une…
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Auteur: Elian Barascud

