Ce lundi 22 septembre, deux personnes arrêtées lors de la manifestation montpelliéraine du 18 septembre ont été jugées en comparution immédiate. L’un a écopé de travaux d’intérêt général, l’autre de trois mois de sursis
Il est 17 heures passées quand M. ,18 ans, visage juvénile en treillis militaire, arrive à la barre. Il a été interpellé vers 15 heures, au niveau du Corum lors de la manifestation du 18 septembre et comparait pour outrage à agent, menace de mort et violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique. « Vous avez fait des doigts d’honneur à des policiers, vous leur avez crié “ACAB”, (All Cops All Bastard, ndlr) et avez dit “fils de pute”, vous avez proféré des menaces en parlant de les bruler avec un cocktail Molotov et vous leur avez jeté des grenades lacrymogènes », résume le juge.
« J’ai reçu une grenade lacrymogène dans le tibia, elle me brûlait les yeux. J’ai donné un coup de pied dedans pour l’éloigner sans vouloir viser qui que ce soit, car je ne voyais rien. Je traversais juste l’Esplanade pour aller chercher mon traitement de substitution », explique celui qui est suivi par une association dans le cadre d’un sevrage à l’héroïne. Interrogé sur les insultes, il lâche, penaud : « C’était sous le coup de la colère, je m’en excuse. Un policier m’a dit que j’étais sans doute un fils à papa, je lui ai répondu que mes parents m’avaient mis à la rue. Un autre m’a dit que j’étais une merde et que mes parents avaient eu raison de me mettre dehors, ça m’a fait vriller, j’ai un trouble de la personnalité bordeline » , détaille t-il, la voix tremblante. Le juge lui tend un mouchoir, le jeune sèche ses joues humides, et ajoute : « Je suis contre les violences. Je veux juste sortir de la rue et avoir un travail. »
« C’est mon seul pantalon »
«…
Auteur: Elian Barascud

