Montpellier : le secteur de l’aide sociale fait le mort pour ne pas mourir

Ce vendredi 16 octobre, environ 200 personnes s’allongent sur des couvertures de survie devant l’Opéra Comédie, à Montpellier. Associations de l’hébergement et de la veille sociale, personnes accompagnées et salariés dénoncent la baisse de 16 % de l’enveloppe « veille sociale » dans l’Hérault, alors que le 115 croule sous les appels. Le front paraît uni, jusqu’à ce qu’un travailleur social prenne le micro

13 heures, place de la Comédie. Au signal, environ 200 personnes s’étendent au sol, enroulées dans des couvertures de survie. Le die-in est le temps fort d’un rassemblement organisé de 10h à 15h par les associations héraultaises de l’hébergement, de la veille sociale et de l’insertion, avec les personnes qu’elles accompagnent. Elles répondent à l’appel national « Et si nous arrêtions vraiment ? », lancé par l’Uniopss du 12 au 17 octobre pour alerter sur les réductions budgétaires qui frappent le secteur depuis plus de deux ans, alors que l’examen du projet de loi de finances a débuté le 13 octobre au Parlement. Si le slogan ressemble à une menace, il décrit surtout ce qui arrive déjà.

Trois mises à l’abri par jour

« Personne ne devrait vivre ou mourir à la rue », pose Elsa Melon, directrice du SIAO de l’Hérault, le service qui gère le 115, numéro gratuit de l’urgence sociale. « Dans notre département, il y a actuellement 420 appels au 115 par jour en moyenne, pour 3 mises à l’abri quotidiennes. » Un même ménage peut appeler plusieurs fois : le communiqué des associations parle, lui, de plus de 280 ménages demandeurs chaque jour pour une à cinq places qui se libèrent. Dans les deux cas, le compte n’y est pas.

L’état des lieux publié en septembre par le SIAO 34 donne l’ampleur du problème. En 2025, le 115 de l’Hérault a enregistré 154 342 appels et 86 % des demandes d’hébergement sont restées sans solution immédiate. Le département compte…

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Auteur: Elian Barascud