Montpellier : profonde colère contre la répression dans la manifestation sauvage lycéenne

Après la manifestation déclarée de ce jeudi 8 octobre, une partie de la jeunesse mobilisée a décidé qu’elle n’en avait pas assez. Colère contre la répression, bains de gaz lacrymogène, battle d’aura et joyeuse détermination : récit d’une manifestation improvisée jusqu’à la tombée de la nuit.

Place Albert 1er, ce jeudi 8 octobre. C’est ici que s’achève la manifestation officielle, qui aura réuni entre 3700 personnes selon la préfecture et 8000 selon les syndicats. Déclarée, celle-ci s’était vue interdire l’Écusson par un arrêté préfectoral.

Une jeune fille, au mégaphone, harangue la foule : « Restez derrière la ligne [NDLR : celle qui limite par le cortège sur le devant ] Ne rentrez pas seul-es, quittez la manif en groupe » Sur cette seconde recommandation, elle sera prise au mot. Par petites grappes, plus de 1500 personnes, selon Le Poing, en grande majorité des jeunes, remontent vers le Peyrou, puis redescendent le boulevard du Jeu de Paume, pour un second tour de manifestation.

« Le 17 octobre, à Paris, ça va être le feu »

Très vite, on sent un changement d’ambiance. Beaucoup moins de drapeaux. L’abondance des slogans laisse dans un premier temps la place à un silence, ou à des discussions privées. Silence tout de même rompu régulièrement, par des « ACAB » très repris [NDLR : acronyme de All Cops Are Bastards ; tous-tes les flics sont des bâtard-es].

Le mouvement lycéen débuté en banlieue parisienne mi-septembre, qui est passé à une échelle nationale autour du 28 septembre, et qui est maintenant rejoint par des étudiant-es, est la cible d’une répression intense. Le ministère de l’Intérieur annonçait le 7 octobre 6629 interpellations, auxquelles il faut ajouter 504 nouvelles arrestations le 8, pour un total de plus de 7000 depuis le 28 septembre. À titre de comparaison, le mouvement des gilets jaunes avait dû faire face à 12 107 interpellations, sur…

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Auteur: Julien Servent