Après la manifestation déclarée de ce jeudi 8 octobre, une partie de la jeunesse mobilisée a décidé qu’elle n’en avait pas assez. Colère contre la répression, bains de gaz lacrymogène, battle d’aura et joyeuse détermination : récit d’une manifestation improvisée jusqu’à la tombée de la nuit.
Une jeune fille, au mégaphone, harangue la foule : « Restez derrière la ligne [NDLR : celle qui limite par le cortège sur le devant ] Ne rentrez pas seul-es, quittez la manif en groupe » Sur cette seconde recommandation, elle sera prise au mot. Par petites grappes, plus de 1500 personnes, selon Le Poing, en grande majorité des jeunes, remontent vers le Peyrou, puis redescendent le boulevard du Jeu de Paume, pour un second tour de manifestation.
« Le 17 octobre, à Paris, ça va être le feu »
Très vite, on sent un changement d’ambiance. Beaucoup moins de drapeaux. L’abondance des slogans laisse dans un premier temps la place à un silence, ou à des discussions privées. Silence tout de même rompu régulièrement, par des « ACAB » très repris [NDLR : acronyme de All Cops Are Bastards ; tous-tes les flics sont des bâtard-es].
Auteur: Julien Servent
